Tucunare Lodge – Río Vichada, Colombie

Tucunare Lodge – Río Vichada, Colombie

Un voyage de pêche en Amazonie est un rêve pour beaucoup de pêcheurs. Un rêve, réalisable… La plupart iront au Brésil, qui est une destination de choix, mais il en existe d’autres. Parmi elles, la Colombie, qui dispose de très grands espaces vierges de toute civilisation. C’est dans un de ces endroits que j’ai eu la chance de pêcher pendant 7 jours. Je vous partage aujourd’hui mon expérience au Tucunare Lodge, sur les berges du Río Vichada, dans la région du fameux Río Orinoco.

Jour 1 – Arrivée au Tucunare Lodge

Journée de voyage. Je retrouve 3 autres pêcheurs à l’aéroport de Bogota. Fait rare: ils sont tous colombiens, la majorité des clients du Tucunare Lodge étant étrangers: argentins, américains, européens… Le vol Bogota – Puerto Inírida dure à peine une heure et demie.

Puerto Inírida
Un mode transport comme un autre… Puerto Inírida

Une fois sur place, nous retrouvons Alejo, gérant du Tucunare Lodge et guide pêche, à l’aéroport. Nous déjeunons. Au menu: soupe, poisson en plat principal et Coca-Cola (les boissons en canette ou en bouteille étant recommandées dans ces zones sans eau potable). Le tout pour l’équivalent de 3,40 euros. Nous achetons ensuite quelques produits de base pour la communauté indigène chez laquelle nous allons rester: une communauté sikuani. Nous remplissons 5-6 paniers de courses. Coût total: 118 000 pesos, soit environ 36,70 euros. Nous sommes tous surpris du faible montant de la facture… Nous partons pour le port. Environ deux heures et demie de bateau jusqu’au lodge.

Le paysage est magnifique. Nous apercevons les côtes vénézuéliennes. Une fois arrivés au lodge, nous sommes accueillis par plus d’une vingtaine d’enfants. Nous distribuons les produits achetés à Puerto Inírida puis choisissons nos cabanes respectives. Puis vient l’heure des préparatifs pour la journée de pêche du lendemain. Je suis réquisitionné par un des pêcheurs comme assistant, pour l’aider à préparer une amorce à base de farine et d’autres produits dont je dois garder le secret. Apparemment très efficace pour les cachamas (aussi connus sous le nom de pacus) dans la région de Bucaramanga.

Jour 2 – 1er jour de pêche

Payarin
Le 1er poisson du séjour: un payarin

Réveil à 5h. Petit déjeuner à 5h30. Départ à 6h. Pas de temps à perdre! Nous voulons tous profiter un maximum de notre séjour. Nous sommes 2 pêcheurs par bateau. Notre guide de pêche, Nixon, un membre de la communauté sikuani, nous conduit vers le sud. Nous commençons à pêcher à l’entrée d’une lagune, où se retrouvent souvent les sardinatas et payaras. Je suis le premier à sortir un poisson de l’eau: un payarin, qui est une espèce de payara qui ne dépasse pas les 30-40cms. Le reste de la journée est plutôt calme. Mon compagnon de pêche, Oscar, sortira plus tard le 1er tucunaré, ou peacock bass (connu sous le nom de pavón dans la région) du séjour, au leurre. Nous décidons ensuite de pêcher au vif. Je retrouve l’un des miens coupés en deux. Presque tous nos vifs sont attaqués par des piranhas. Oscar, lui, ferrera un animal d’une bonne taille, mais le perdra un peu plus tard. Très certainement un poisson chat, un bagre comme ils disent en Colombie. A ma grande surprise, il n’utilise pas de fluorocarbone! Sachant qu’il a 45 ans d’expérience de pêche derrière lui, je ne bronche pas. Nous rentrons au lodge. L’autre groupe, lui, n’aura pêcher qu’un poisson chat, inconnu au bataillon. En cette saison les eaux sont toujours assez hautes, nous le savons… La pêche n’est pas facile.

Jour 3 – 2ème jour de pêche

Tucunaré
Tucunaré / Peacock bass / Pavón

Nous partons à la même heure. Cette fois, direction le nord. Nous entrons dans une lagune. Plusieurs tucunarés suivront mes poppers, mais aucune attaque. Nous entrons dans une magnifique lagune où je pêche 2 piranhas d’une bonne taille. Alejo, qui nous accompagne ce jour-là, me dit qu’ils sont petits. Nous accostons à la berge pour déjeuner. Notre guide Nixon pêche des appâts. Un des poissons casse la ligne et avale l’hameçon. Nous le voyons flotter près du bord. Moins de 2 minutes plus tard, nous voyons pas moins de 7 tucunarés dont 2 d’une grande taille de ruer vers la victime, le tout à 30cms du bord. Scène incroyable! Oscar, toujours sur le bateau, jette (littéralement) son leurre à l’eau, un tucunaré l’attaque. Ce sera le premier d’une journée qui s’annonce intéressante! Nous décidons de changer de lagune, et de pêcher à la traîne. Jackpot, nous sortons plusieurs tucunarés en moins d’une demie heure. Nous décidons ensuite de nous arrêter et de pêcher au lancer. Jackpot de nouveau, nous sortons tous les deux plusieurs tucunarés. Avant de partir, Alejo me demande de lui prêter ma canne pour un lancer. Il lance le leurre entre deux morceaux de bois et ferre un tucunaré. 100% de réussite! « Il y en a toujours un là » me dira-t-il ensuite. Bref, une belle journée de pêche!

Jour 4 – 3ème jour de pêche

Tortue
Nous ne pêchons pas que du poisson…

Même heure, même direction. Nous commençons à pêcher à l’embouchure d’un affluent. Nos leurres sont attaqués, mais rien de plus. Nous partons pour une lagune, où le niveau de l’eau est relativement bas pour la saison. Nous accostons à une berge. Notre guide Nixon sort plusieurs petits poissons de l’eau. Nous commençons à pêcher au vif. Puis il sort une petite tortue… Oscar décide de la garder avec lui pour le reste du séjour. Je m’aventure dans les terres et trouve un petit coin où l’on peut pêcher. Mes leurres sont suivis mais pas d’attaque. Nous décidons d’aller un peu plus loin en bateau. Une bonne décision puisque nous sortons à deux une quinzaine de tucunarés, dont plusieurs d’une bonne taille, au propbait, poisson nageur (suspending) et jig. Oscar, lui, en sortira plusieurs au vif également. Pour lui, pêcher le tucunaré au vif est plus intéressant que de le pêcher au leurre, le poisson n’étant retenu que par un seul hameçon et étant donc potentiellement plus résistant dans l’eau.

Tucunaré
Tucunaré pris au propbait

Jour 5 – 4ème jour de pêche

Nous partons cette fois vers 7h du matin. Direction le sud. Nous entrons difficilement dans une lagune. Le niveau de l’eau étant élevé, plusieurs branches d’arbre se dressent contre nous… Une fois dans la lagune, nous décidons de pêcher à la traîne. Nous sortons un tucunaré chacun. Puis nous décidons de pêcher au lancer. La pluie s’invite. Nous continuons de pêcher à la traîne, mais la pluie est telle que nous décidons d’arrêter et de rentrer au camp pour déjeuner au sec. Le soleil revient… Nous partons pour la lagune de la communauté chez laquelle nous restons, située à quelques mètres du camp. A l’entrée, Alejo, qui est avec nous pour la journée, me dit qu’il y a des payaras dans le coin. Il disait vrai! Je ferre un payara d’une bonne taille. Il part sous le bateau, puis dans des herbiers… Je commence à m’inquiéter, mais les conseils d’Alejo me sont très utiles et l’animal est enfin sur la bateau. Mon 1er payara… Moment de joie intense! Nous continuons de pêcher dans la lagune. Oscar sortira plusieurs tucunarés. J’en manquerai quelques-uns, toujours sous le coup de l’émotion.

Payara
Poisson vampire / Payara
Poisson-chat à queue rouge
Poisson-chat à queue rouge / Cajaro

Il n’est pas tard… Nous décidons de partir pour une plage le long du Río Vichada. Nous pêchons d’abord au lancer. Pour moi, rien. Ma chance s’est épuisée. Oscar, lui, pêchera 2 bagres rayados, au leurre, puis plusieurs cajaros et une raie en utilisant des vifs ou des appâts morts. Une nouvelle fois, Alejo me demande de lui prêter ma canne. Il lance le leurre dans un petit plan d’eau situé entre la plage et la forêt. Il ferre… 100% de réussite, une nouvelle fois. Je décide de continuer à pêcher au leurre tant qu’il fait encore jour. Je vois de nombreuses attaques devant moi, mais aucune sur mon leurre. Je commence à pêcher à l’appât mort et sort 2 cajaros, le fameux poisson-chat à queue rouge, dont un d’une taille décente. Une journée de pêche complète, pluie incluse!

Jour 6 – 5ème jour de pêche

Spot
Spot de pêche

Nous décidons d’aller pêcher le payara près de pierres submergées. Oscar ne sortira qu’un agujeto, needlefish en anglais. Puis nous décidons de pêcher dans une lagune inconnue du guide. Nous nous accordons qu’il s’agit d’une très bel endroit, potentiellement très bon pour la pêche, mais ne sortirons rien. Nous entrons dans une autre lagune, réputée pour ses gros tucunarés. Toujours rien… Nous décidons ensuite de retourner à la plage où nous sommes allés hier. La pluie s’invite. Malheureusement, elle n’est pas passagère et décidons de rentrer au lodge. Ma 1ère bredouille! L’autre groupe, lui, pêchera plusieurs tucunarés d’une très bonne taille dans la dernière lagune que nous avons visité. Tous au même spot. Content de voir que certains ont eu plus de chance! Ou serait-ce de la jalousie? Malheureusement, la pluie les a empêché de pêcher plus longtemps et de profiter pleinement du spot.

Jour 7 – 6ème jour de pêche

Nous nous levons plus tôt car nous partons pour Santa Rita, à environ une heure et demie de bateau. Cette fois, nous sommes accompagnés de deux guides: Nixon comme tous les jours, et Danilo, qui connaît bien les lagunes du nord. Nous entrons dans la lagune du village. Malheureusement, le niveau de l’eau est très élevé et la pêche s’annonce difficile… Nous trouvons un coin et sortons plusieurs tucunarés, tous d’une petite taille. En lot de consolation, nous sortons des tucunarés d’une espèce que je n’avais jusque là jamais pêché. La pêche est vraiment difficile… Même Danilo, que nous avons laissé sur une berge, ne pêchera aucun appât. Nous retournons vers Santa Rita, où il y a une antenne et donc une couverture téléphonique. Oscar en profite pour faire plusieurs appels. Nous rentrons ensuite au lodge.

Jour 8 – 7ème jour de pêche

Dernière journée de pêche! Nous décidons de partir tôt, pour la lagune où nous sommes allés lors de la 2ème journée de pêche. Dès 8h, Oscar commence à enchaîner les tucunarés. Une dizaine entre 8 et 13h… Pour moi, rien. Leurres de surface, poissons nageur, jigs… Toujours rien. Je commence à désespérer. Nous partons un peu plus loin. Oscar voyant mes difficultés, il me prête un de ses leurres: un poisson nageur (suspending) Yo-Zuri qui a déjà fait ses preuves aujourd’hui. Un changement de leurre qui fait la différence puisque je sors 5 tucunarés en moins d’une heure. La plupart à la traîne, dont un à 2 mètres du moteur en ramenant mon leurre avant un demi tour… Je ferrerai ensuite un tucunaré d’une très bonne taille, mais il s’en ira malheureusement à quelques mètres du bateau. Ma technique n’est pas parfaite et j’en suis conscient.

Tucunaré
Tucunaré / Peacock bass / Pavón

Nous retournons à la lagune principale. A l’entrée, nous pêchons plusieurs tucunarés d’une bonne taille. Je continue de lancer, lorsqu’un poisson attaque mon leurre et sort plusieurs mètres de ligne de mon moulinet. Une surprise car je pensais avoir mis beaucoup de frein. Je mets encore plus de frein, mais le poisson continue son parcours! Une très, très belle prise s’annonce, sans doute la plus belle du séjour! Mais panique à bord, car l’animal part trop loin, dans la forêt submergée par l’eau et se coince dans un tronc d’arbre. Nixon se jette à l’eau mais sans succès. Je coupe et attache la ligne à une branche, en espérant que Danilo, resté sur une berge un peu plus loin, aura plus de chance. Oscar, lui, continue de pêcher. Les leurres Yo-Zuri ont beaucoup, beaucoup de succès dans cette lagune! Nous retournons sur les lieux du drame avec Danilo. Il plonge et récupère le leurre d’Oscar. Il était accroché à un tronc d’arbre à environ 4 mètres de profondeur. Très déçu d’avoir perdu LA prise du séjour, mais content d’avoir récupéré le leurre d’Oscar. Je remercie vivement Danilo, un vrai guerrier!

En sortant de la lagune, nous voyons plusieurs sardinatas d’une grande taille chasser à l’embouchure. Nous décidons d’y pêcher quelques instants. Oscar en pêchera plusieurs, ainsi qu’un payarin. Quant à moi, mes leurres sont suivis, attaqués, mais je ne sortirai malheureusement rien. N’étant pas familier avec ce type de poisson, mon choix de leurre est approximatif. La sardinata est un poisson doté d’une petite bouche, et qui, selon Alejo, attaque ses proies à coup de tête avant de les dévorer. Les hameçons de mes leurres, même les plus petits, sont trop gros. Leçon retenue! J’amènerai même mes plus petites cuillères et mes plus petits jigs la prochaine fois! Nous retournons au lodge. L’autre groupe, lui, aura eu encore plus de succès en sortant plus de 20 tucunarés, dont plusieurs de plus de 15 livres (un peu moins de 7kgs). Le groupe de pêcheurs de la semaine suivante est arrivé au lodge. Nous discutons et leur donnons des conseils.

Jour 9 – Retour à Bogota

Des paysages comme nulle part ailleurs!

Départ pour Puerto Inírida à 7h30. Nous faisons nos adieux à la communauté, les remercions pour leur hospitalité, et souhaitons bonne chance aux pêcheurs récemment arrivés. Le voyage semble cette fois un peu plus long. Nous sommes contrôlés par l’Armanda Nacional colombienne. Légère fouille au corps, mais un des pêcheurs du groupe étant un ancien membre des forces spéciales colombiennes, nous sommes rapidement remerciés de notre coopération et libérés. Comme à l’aller, nous sommes spectateurs de magnifiques paysages.

Fleur d'Inírida
Fleur d’Inírida – Photo du Vice-Ministère du Tourisme en Colombie

Une fois arrivés à Puerto Inírida (qui se trouve dans le département Guainía, contrairement au Tucunare Lodge, qui se trouve dans le département Vichada), nous retrouvons un employé d’Alejo, qui s’occupe de transférer nos bagages vers l’aéroport. Déjeuner, puis shopping. Une fois arrivé à l’aéroport, je découvre la fleur d’Inírida (en photo à droite), la fleur éternelle. Elle pousse près du Río Inírida et du Río Guainía. Nous regardons une dernière fois ensemble les photos du séjour, puis échangeons nos coordonnées. Je suis invité à aller pêcher le cachama près de Bucaramanga, dans le nord du pays. Retour vers Bogota.

Bref, un magnifique séjour de pêche! Le niveau de l’eau étant assez élevé, la pêche n’était pas facile, et nous le savions, mais nous avons quand même pu pleinement profiter de ce magnifique lieu, loin de toute civilisation. Malgré mon inexpérience, j’ai pu pêcher de très beaux poissons. Bref! Un séjour inoubliable que je recommande à tout le monde, peu importe votre niveau de pêche. Il faut juste être un mordu, car pêcher jusqu’à 10h par jour 7 jours d’affilé n’est pas fait pour tout le monde. Tous les pêcheurs y trouveront leur compte, peu importe la saison: tucunarés, payaras, poissons chat, sardinatas… Les espèces sont nombreuses dans ces rivières et lagunes!

Pour plus d’informations sur le Tucunare Lodge ou pour réserver, rendez-vous sur:

www.tucunarelodge.com

Tucunare Lodge

Alejo, qui vous répondra dès que possible, parle espagnol et anglais.

Vous ne parlez ni espagnol, ni anglais?

Envoyez-moi votre message en français et je le traduirai en espagnol et contacterai moi-même Alejo, de votre part.

Si vous faites une réservation, contactez-moi et je vous donnerai plus de conseils, ainsi que la liste des leurres avec lesquels nous avons eu le plus de succès, les noeuds que nous avons utilisés, des conseils pour le voyage et plus.

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